Le ventre de la mère est l'endroit où l'on est le moins libre : les barrières y sont tangibles. Cependant, c'est là que chaque Homme - simple prisonnier de la Société, ou encore vagabond en quête de Liberté - rêve de se réfugier lorsque la Vie n'est plus qu'affrontement et souffrance. C'est évident, la Société n'a jamais été un lieu de sûreté. Mais, ne nourrissez pas d'utopie votre âme assoiffée d'affranchissement. Lorsque vous être libre, vous vous sentez capable de tout, et surtout, détaché de toute forme de hiérarchie. Mais n'oubliez pas. Vous n'être pas le seul Être Libre...

« C'était à l'époque, où je n'étais qu'un jeune ouvrier. Gaillard, rêvant d'être des « Rabelaisiens ». C'était ainsi que les écrivains et poètes -et autres saltimbanques à la verve littéraire - nommaient les gens du voyage. Ces hommes, ces femmes, ces familles parfois, même, qui partaient, trois sous en poche, s'imprégnant de grand air, d'amour et d'eau fraîche. La Liberté. Ce grand mot, effrayant, attrayant.
____Je travaillais alors pour un charpentier. L'artisanat d'Art m'avait toujours séduit, mais j'avais finalement préféré l'argent à l'épanouissement, au bonheur du Pater Familias. Mesurer, couper, façonner, assembler et raccorder des matériaux, afin de créer l'ossature d'une bâtisse... Voilà ce qui agrémentait mes longues journées de labeur. Lorsque des bohémiens s'établissait dans la rue où je trimais, l'exercice était plus agréable. Chants et rythmes orientaux berçaient mon oreille, déjà fatiguée du bruit violent et sourd des scies, marteaux, burins, et autres outils. Parfois, un homme lettré gagnait son pain, en contant poèmes en alexandrins, maximes, et contes étrangers, glanés çà et là au gré du vent et des conversations, lus dans les ouvrages. Et cet homme, quel qu'il soit, faisait naître au sein de ma routine de travailleur, un jour favorable et enivrant. Ces longues phrases, ces mots que je ne comprenais pas toujours, me permettaient ainsi de rêver, de m'évader. Et commençaient à nourrir au creux de mon âme, quelques utopies auxquelles je n'aurais osé penser...
Mes escapades solitaires dans la ville, lorsque je n'étais pas perché sur un toit pour en créer la charpente, étaient ponctuées d'arrêt dans les tavernes et cabarets. C'était là que les hommes de lettres, les penseurs et poètes, venaient se retrouver, afin d'échanger leurs idées, entre verres d'Absinthe largement dosée, et bouffée de tabac. Dans la brume de l'ivresse, et la fumée envahissante des pipes, les propos étaient parfois incohérents, ou fous. Mais c'était également là que le goût pour les mots de ces hommes s'exprimaient. Proverbes fusaient çà et là, et morales – certes, souvent entrecoupées par les rires gras des ivrognes qu'ils étaient, ce qui rendait ces enseignements beaucoup moins crédibles et sérieux – étaient criées. Et c'était là, que je m'instruisais. Les mots m'attiraient toujours un peu plus, et ces histoires contées, ces expériences partagées, m'emportaient dans un monde plus beau ; me laissait croire à un intellect certain que je pouvais atteindre, à des rêves en lesquels je pouvais croire.
Je n'étais pas devenu un homme lettré, comme je l'aurais souhaité. Loin de là cette possibilité lors de mon enfance. Mon père m'avait éduquer durement, et j'avais appris à vivre tel un paysan. Lorsque que j'avançais l'hypothèse d'apprendre un quelconque enseignement intellectuel, mon paternel se mettait à jurer, et parlait de m'envoyer au monastère, « là-bas, au moins, je servirais à quelque chose, avec mes mots ». J'avais donc cesser d'en parler, et m'était plier à ses espérances, ses choix... »

La photo, est de mon Amour.
Je n'ai fait qu'arrondir les angles, afin que la coupure entre le blanc
du blog, et le noir de la photo, ne soit pas trop agressive. :)

# Posté le jeudi 20 août 2009 16:10

Modifié le lundi 31 août 2009 08:46

Librairie. Une vieille Dame, désormais, cette Librairie.
Elle aurait sûrement beaucoup à nous raconter.
En tailleur au coin d'un feu de cheminée, on l'écouterait. Ses poutres, rongées, abîmées, craqueraient sûrement un peu. Les gonds des portes grinceraient, mais pas d'un bruit angoissant. Non, un grincement chaleureux et vivant, comme pour dire « Eh, oui, je tiens encore debout..! » . L'ambiance tamisée, provoqué par la lumière émanant seulement du foyer de la cheminée, nous mettrais à l'aise. Et puis, là, quand tout serait calme au-dehors, on l'écouterai. Son histoire nous serait conter, on écouterai avec les yeux, avec le c½ur. Cette vieille Dame nous dirait ce qu'elle a vu.
Cette vieille Librairie, n'accueillant plus livres, mais bel et bien poussière, respire encore. Et ce pour encore de nombreuses années. Alors que nous nous éteindrons, tels les étoiles dans le ciel d'un bleu profond, elle, sera encore là, spectatrice et conteuse...



Écrire, écrire et toujours écrire. J'ai peur, d'un jour ne plus savoir quoi dire. Angoisse ? Cela importe peu, cependant. J'aurais de quoi relire, ce qu'il se passe, ce qui divague, c'est écrit aujourd'hui. Et le jour où le pot d'encre sera vide, épuisé, mes lunettes enfourcheront mon nez. On relira, tout cela. Ensemble, on divaguera. Tout les deux en train de vivre, on revivra des écrits dignes d'être des clichés en noir et blanc, ou sépia. Les tiens, les miens. Ce futur passé, actuellement présent. Oui ?

# Posté le lundi 03 août 2009 15:17